• 1/3                                         LES COLLABOS DU CREPUSCULE 

      Avertissement :   aux âmes sensibles à l’expression « politiquement correct », je me permets de signaler que cette nouvelle, qui fait partie d’une série d’articles intitulée « Les collabos du crépuscule », risque de ne pas leur paraître « politiquement correcte ». Mais je voudrais que l’on sache que, vu l’entière vacuité de sens de la dite expression qui plaît aux hypocrites, ainsi que son origine des plus sophistes, c’est en parfaite conscience que je présente l’histoire et le texte dans des situations et un vocabulaire que certains pourraient trouver très crus.  Au  Diable lui même ne plaise ! 

    Certains individus (imaginaires bien sûr, hommes ou femmes) du roman sont tellement indignes, qu’il est statistiquement quasiment impossible de trouver des personnages ou situations identiques dans la réalité ; toutefois, si d’aventure, par une affreuse coïncidence, il arrivait que certains se reconnaissent dans certaines de ces créatures, alors c’est qu’ils auraient pleinement mérité d’être démasqués par le Hasard ; et qui sait si, par la même affreuse coïncidence, il n’y aurait pas des victimes ou témoins qui ne manqueraient pas d’ouvrir tout grand des dossiers (de plusieurs centaines de pages peut être…et au besoin conservés à l'abri chez des amis...) ? soulevant allègrement un tas de lièvres dans un vrai panier de crabes.   

    Ce roman, situé dans un pays imaginaire, sert d'une part de documentaire fictif à une plate forme de discussion sur le rôle et le contenu que doit avoir l'instruction de la jeunesse, et, d'autre part, de questions sur l'origine d'un fléau, ressenti en tous cas comme tel par nombre de gens, mais qui n'a jamais vraiment été analysé à fond: ce fléau n'est autre que l'apparition régulière et la subsistance, dans un grand nombre de pays et depuis la nuit des temps, d'individus qui dénoncent mensongèrement, qui courtisent, qui "s'inféodent" à un maître, jusqu'à parfois devenir hommes de main dans de basses besognes de meurtre ou de torture morale ou physique: en un mot comment serait il possible que des Sociétés qui se diraient civilisées pussent, d'une part donner une place de fonctionnaire (au comportement plus que délictueux) à de telles brebis galeuses, et d'autre part accepter une quelconque fanatisation des enfants, je dis bien des enfants, car ce sont eux et eux seulement qui, dans le futur, feront l'avenir auquel ils auront été bien préparés ou bien subiront un avenir sur lequel ils auraient été trompés. 

    Dans ce roman il est question, entre autre , de cinq proviseurs successifs d’un grand lycée : parmi les deux premiers, très dignes, bien à leur place dans leurs fonctions, l’un avait fait de son établissement un très grand lycée, d’un très bon renom ; l’autre avait continué la tâche de son prédécesseur, ne regardant que l’intérêt de l’Instruction Publique, et avait même eu le courage et l’honnêteté de refuser d’appliquer un ordre de politisation venant de sa hiérarchie. Quant aux trois proviseurs qui suivirent, moralement aux antipodes, ils s'étaient comportés comme des collabos corrompus par cette hiérarchie toute inféodée à la pensée unique et avaient agi bien vilement et bien lâchement. Parmi ces trois proviseurs le premier refusa, sur ordre, l’accès au lycée au fils d’un professeur harcelé politiquement par le rectorat ; le même proviseur fermait les yeux sur des détournements d'indemnités au détriment de certains professeurs et au profit d'administratifs véreux; le deuxième se vautra, sur ordre, dans des mensonges éhontés pour essayer d’empêcher le dit professeur d’accéder au poste qu’il venait d’obtenir dans le lycée ; et le troisième harcela un professeur, de manières diverses et, à l’occasion, avec l’aide tacite de collègues, témoins subornés, de toute évidence peureux et politiquement fanatiques.

    Mais le récit détaillé des faits inventés dans ce roman, dont les lignes précédentes ne sont qu’un infime résumé, ne sont là que pour inciter le lecteur à se poser des questions ; d'abord sur l'utilité du caractère obligatoire et public de l'instruction, et cela dans n'importe quel pays habituellement qualifié de démocratique, mais aussi sur l'utilisation qui pourrait être faite de l’Instruction Publique par certains groupes de pression. Quel devrait être le rôle d'une telle  

     2/3

    Institution quand elle est financée par le contribuable? Que faire si elle devenait nuisible et indécrottable?

    Une partie de mon roman parle de certains fonctionnaires au comportement crapuleux, du Ministère de l’Instruction dans une contrée imaginaire qui avait souffert du communisme et du nazisme ; ces individus se comportaient comme des gens indignes et déshonoraient leurs fonctions par des agissements méprisables, soit à partir de leur instinct d’obéissance aveugle et lâche aux ordres de la hiérarchie, soit à partir de leur esprit malsain au point de harceler pour le plaisir ; il faut dire que ce pays imaginaire sortant des deux occupations successives, communiste puis nazie, il restait comme toujours des nostalgiques de ces méthodes, collabos tout prêts à se faire engager, pour exercer leurs talents, par n’importe quel régime de pensée unique, dont le propre est, comme on le sait, d’engager des gens avec ou sans compétences comme « valets bons à tout faire », facilement manipulables et uniquement  tentés par une promotion de carrière qui leur aurait été impossible d’atteindre par manque de valeur personnelle ; en un mot des serviteurs prêts à tout, et dont l’instinct grégaire et le fanatisme leur cachaient l’existence même de l’honnêteté due par un fonctionnaire.  

    Verdi en disait des courtisans: «corteggiani, vil razza !», mais il y a une « race » encore pire :c'est celle des gens suffisamment bêtes et méchants pour faire et entretenir le mal sciemment; car si faire le mal est une chose, le faire (ou aider à le faire) sciemment et délibérément --  quitte à inventer des raisons de harceler --  en est une autre, qui dénote chez un individu une âme vile et méprisable, incapable même de se rendre compte de ce qu’est la dignité. 

    Alors d’un côté, dans ce roman, j’essaie de trouver des raisons à de tels comportements : complexes profonds ? une âme « mal née»? manque d’intelligence ? apparemment manque  de personnalité, manque d’envergure et manque de respect pour soi-même ; bien sûr sont à considérer aussi le caractère peureux, qui est fort reconnaissable dans le fébrile besoin d’être couvert par un maître lors de l’assouvissement des actes de vengeance haineuse contre ceux qu’ils pourraient jalouser pour leur dignité. 

    D’un autre côté j’invente des anecdotes dans l’Institution d’Enseignement de ce pays imaginaire, appelé Turpitudam,  pour supporter  l’analyse psychologique des harceleurs en général ; on peut y voir des syndicalistes en flagrant délit de trahison la plus dégoûtante ; un directeur d’Etablissement d’enseignement truquer le dossier d’un professeur ; un autre compléter ce truquage et, en se vautrant servilement dans le mensonge, refuser au dit professeur le poste qu’il venait d’obtenir légalement dans le lycée ; on y voit aussi tout un rectorat mentir, violer la loi, harceler, discriminer et exclure; un autre directeur mentir, tricher sur une LRAR avec la complicité de la distribution du courrier de ce pays imaginaire ; on y voit le même directeur, qui n était pas à une dénonciation mensongère près -- tout en étant en apparence très fier de lui et de son poste, et fier jusqu’au point malsain de la perversion narcissique --- , dévoiler le dossier truqué aux collègues ; le même directeur tenter de faire inspecter le professeur (en fin de carrière) le lendemain du jour du décès de la mère de ce dernier ; et ce comportement, beaucoup de Turpitudammais le trouvaient digne d’un être abject ; le même directeur encore, en obéissant servilement à sa hiérarchie, tenter d’exclure le professeur d’un conseil de classe et finir par se ridiculiser lui même en quittant un moment la salle! on y voit aussi ces deux directeurs accepter le truquage des notes et appréciations de certains élèves, dans le dos des professeurs, l'arrachage de pages compromettantes de livrets scolaires (pour un passe-droit!); le même directeur participer à la distribution de tracts insultant le Président de la République  (qui n'était pas du bord politique de la majorité des   

    3/3

    membres de l'Institution d'Education!) une semaine à peine après son élection; et  le directeur avait fort lâchement ensuite nié sa participation à la manigance alors qu'il avait été pris sur le fait!; etc… et j’en passe, de très long et extrêmement détaillé dans le roman (tellement, que je n’en finis pas de le compléter). Pour fixer les idées sur le niveau moral et intellectuel de ce proviseur, il faut dire qu'il usait, de concert avec la responsable rectorale de la DPE, d'un moyen supplémentaire de harcèlement qui consistait à tracer, sur les documents administratifs, une flèche manuscrite dirigée vers le nom du professeur discriminé et harcelé: quelle bassesse! et quelle honte pour leurs postes respectifs de fonctionnaires (même petits), qu'ils ne faisaient qu'usurper de toute évidence!

    Il y a dans ce livre une certaine recherche d’explication à la psychologie des harceleurs en général ; rappelant que perversion narcissique ou narcissisme pervers sont deux tares dues (comme expliqué par certains psychologues) à un « trou »dans leur personnalité, un manque sous leur carapace, qu’ils peuvent combler quand ils trouvent comme terrain de prédilection des gens qui sont sous leurs ordres ou sous leur directives hiérarchiques.

    Ce roman met aussi en lumière le caractère aussi vil qu’éternel des courtisans ; que ce soit sous les régimes royalistes ou fascistes (de gauche ou de droite), la société possède toujours son rebut, de même que tout rouage, ou tout mécanisme, possède sa crasse, ou sa gangue ou sa rouille, inhérente à son fonctionnement, ce qui justifie d’ailleurs un grand nettoyage de temps en temps : une société produirait elle ses propres déchets ? exactement comme les êtres vivants, mais ceux dont il est question ici n’ont pas l’air d’être quelque peu recyclables.

     Mais dites vous bien que,  si j’imagine, dans cette contrée, des créatures imaginaires qui, comme celles que l’on  trouve sous tous les régimes totalitaires (garde chiourmes, kapos), tentent de masquer leur infériorité humaine par leur supériorité hiérarchique, je ne veux pas pour autant laisser croire qu’il n’y a, dans ce pays là, aussi imaginaire soit il, que des gens capables de lâcheté, de sordide collaboration  ou d'actes dignes de tortionnaires en puissance, loin s’en faut. Cette vision serait trop attristante. 

    Aussi, sont montrés dans ce roman bien d’autres aspects qui peuvent, au contraire, donner espoir aux Turpitudammais, par la présence évidente de quelques administratifs intègres, ainsi que d’enseignants bien sûr, qui, tout à fait dignes, loyaux, travailleurs, efficaces, étaient fort appréciés par les élèves autant que reconnus par certains autres collègues intègres et courageux; mais ceux là ne constituaient qu'une faible partie de toute une organisation d'enseignement public à la solde des partisans de la pensée unique.  

    Il y est aussi exposé de quelle façon les régimes à pensée unique, que j’appelle régimes à fascisme doux, savent recruter leurs serviteurs parmi la lie morale de la Société en offrant à leurs kapos pouvoir, rémunération et avantages (souvent en parfaite illégalité) pour être assurés de leur obéissance servile.

     Les créatures viles imaginaires dont je parle sont là pour servir de support à l’évocation d’une montée du fascime (de gauche dans le cas du pays de Turpitudam) où tout est bon pour discriminer les véritables démocrates, et où l’endoctrinement sournois à l’Ecole est tellement présent qu’il finit par se trahir, ne serait ce que par de simples expressions utilisées par des enseignants turpitudammais cupides et bien pensants, comme celle-ci, trouvée dans la bouche et les livres officiels pondus par ces gens là : « l’élève doit s’approprier les connaissances » ; mais non ! les connaissances ne s’approprient pas, elles se partagent (et surtout en Société et au sein d’une Ecole qui se dit publique!) ; mais encore faut il savoir et vouloir partager…

    Enfin voilà  pour quelle engeance on en était arrivé sournoisement à faire payer le contribuable dans ce pays de Turpitudam, aussi incroyable --- car souvent ignoré --- que cela eût pu paraître.

     

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique